• Guilbert ?

  • Oui mon capitaine !

  • Je vous appelle du bureau du chef d'état-major à Bordeaux. Est ce que vous avez tous vos dossiers avec vous ?

L'adjudant était assis à son bureau. D'un coup d'oeil circulaire il fit le tour de ses fiches.

  • Oui mon capitaine.

  • Parfait ! Le colonel veut que vous lui fassiez un topo précis de l'affaire.

L'adjudant répondit avec une nuance d'inquiétude dans la voix.

  • Mon capitaine, il me faut plus de trois heures pour venir sur Bordeaux.

  • C'est prévu, un hélicoptère se posera à Pau-Uzein dans une demi-heure. Il vous attend, amenez avec vous l'ensemble des éléments ...

Au son de la voix l'adjudant comprit que l'affaire était prise très au sérieux par l'état-major. Il réunit à la hâte ses dossiers, ainsi que l'ordinateur portable sur lequel figurait les données collectées sur le web.

Il prit sa veste et son képi et fit signe à la jeune stagiaire qui assurait la permanence en compagnie du sous officier de service.

  • Prenez les clefs de la 206, vous m'emmenez tout de suite à l'aéroport. - il se tourna vers le sous-officier – le capitaine me demande à l'Etat-Major.

  • À Bordeaux ?

  • Oui et c'est urgent, ils ont envoyé un hélico. Je ne sais pas vers quelle heure je rentrerai. Vous avez la responsabilité de la boutique jusqu'à mon retour.

  • Pas de problème mon adjudant. A ce soir.


L'adjudant Guibert se présenta devant le poste de contrôle de la partie militaire de l'aéroport moins de vingt minutes plus tard. Sur le tarmac du 5ème régiment d'hélicoptère de combat de l'Armée de Terre un Ecureuil bleu de la gendarmerie attendait au milieu des Gazelles et des Cougars.

Guilbert reconnut les pilotes avec lesquels il avait travaillé au cours de missions de surveillance dans les Pyrénées. Les deux hommes étaient des pilotes chevronnés. Le commandant de bord, un capitaine quadragénaire qui arborait fièrement une énorme moustache, leva les bras en reconnaissant l'adjudant. L'autre pilote, à bord de l'appareil, effectuait les check-lists pré-vol, il lança le rotor dès qu'il le vit arriver.

  • Salut Guilbert. Lança le capitaine en lui tendant la main. Tu t'équipes vite fait, il faut qu'on soit à Mérignac avant la tombée de la nuit.

  • Pas de problème, on peut y aller, j'ai tout ce qu'il me faut.

Le capitaine lui tendit un casque avec des écouteurs.

  • Tu pourras nous raconter ton histoire. Je ne sais pas ce que tu as déniché, mais je peux te dire que ça remue à l'Etat-Major.

L'adjudant sourit en plaquant son ordinateur sur ses genoux.

  • C'est de la dynamite que j'ai là dedans !

  • Fais gaffe de pas nous faire sauter.


L'appareil annonça à la tour de contrôle son départ imminent à destination de Bordeaux. Il fut autorisé à décoller puis à se rendre à vue jusqu'au point de sortie de la zone d'aéroport.

Ce fut le dernier contact radio avec un organisme de contrôle.